Pollution de l’air, émissions de gaz à effet de serre, consommation de carburant et d’espace pour le stationnement, embouteillages, bruit, coût financier élevé, les transports motorisés individuels ont un impact direct sur notre santé et notre qualité de vie. Il reste pourtant difficile de se passer totalement de la voiture. L’enjeu consiste donc à la réserver aux usages indispensables et à redécouvrir toute la palette d’autres moyens de transport déjà à notre disposition.
Pour une grande partie de nos trajets quotidiens, la voiture n’est pas indispensable. De nombreux déplacements sont courts, répétitifs et parfaitement réalisables à pied, à vélo ou en combinant plusieurs modes. En changeant progressivement ses habitudes, il devient possible de réduire ses dépenses, de diminuer son empreinte environnementale et de gagner en confort de vie, sans renoncer à la liberté de se déplacer.
La première façon de se déplacer reste la plus évidente, marcher. La marche à pied ne nécessite pas de carburant, pas de place de parking, pas de titre de transport. Elle est gratuite, disponible à tout moment et compatible avec quasiment tous les modes de vie. Elle est bénéfique pour le mental, le cœur, les jambes et les artères et permet de s’oxygéner tout en réduisant le stress lié au trafic.
Sur de nombreuses distances du quotidien, la marche est parfaitement réaliste. En moyenne, il faut un quart d’heure pour parcourir un kilomètre à pied. En ville, une part importante des trajets en voiture ne dépasse pas ce kilomètre. Intégrer environ trente minutes de marche rapide par jour, par exemple en allant au travail, à l’école ou aux commerces à pied, améliore la santé sans nécessiter de temps supplémentaire consacré au sport.
Le vélo est un moyen de transport rapide, non polluant, peu coûteux et bon pour la forme. Sur des distances inférieures à six kilomètres, il est souvent plus rapide que la voiture en ville, car il permet d’éviter les embouteillages et la recherche de stationnement. Comme la marche, il réduit l’exposition à la pollution par rapport à un habitacle fermé, où les gaz d’échappement peuvent être concentrés.
Un vélo demande un investissement initial modeste et des frais d’usage très faibles. Il occupe peu de place et son stationnement est facile à organiser, pour peu que des arceaux ou des locaux à vélos soient prévus. Il suffit généralement d’un quart d’heure pour parcourir trois kilomètres à vélo, ce qui couvre une bonne partie des trajets domicile travail, école, courses ou loisirs. On estime qu’un trajet en voiture sur deux fait moins de trois kilomètres, donc potentiellement transférable vers le vélo.
L’impact environnemental est loin d’être négligeable. Effectuer dix kilomètres de vélo par jour à la place de la voiture permet d’éviter chaque année l’émission de plusieurs centaines de kilos de dioxyde de carbone. Côté espace, l’avantage est tout aussi net, puisqu’une seule place de stationnement voiture correspond à environ dix places de stationnement vélo.
Les bus urbains et les cars interurbains constituent une offre de transport collective présente sur une grande partie du territoire, en ville comme à la campagne. Les centres villes et de nombreuses banlieues sont desservis par des lignes régulières dont la fréquence et la fiabilité s’améliorent, notamment grâce aux voies réservées qui permettent d’éviter une partie de la congestion routière.
Pour un trajet identique, la consommation d’énergie et les émissions de dioxyde de carbone par passager sont nettement inférieures à celles d’une voiture utilisée par une seule personne. Un bus peut transporter l’équivalent de quarante à cinquante voitures en nombre de passagers, ce qui réduit fortement la place occupée sur la voirie et en stationnement. Le coût pour l’usager reste généralement modéré, et une voiture revient en moyenne plusieurs dizaines de fois plus cher par an qu’un abonnement de bus, si l’on additionne carburant, assurance, entretien et amortissement du véhicule.
Le tramway et le métro complètent l’offre de transport urbain dans les grandes agglomérations. Ils fonctionnent à l’électricité et ne polluent pas localement là où ils circulent. Leurs émissions de dioxyde de carbone par passager restent très faibles par rapport à la voiture individuelle, surtout lorsqu’ils sont bien remplis. Ils bénéficient d’infrastructures dédiées qui les rendent peu sensibles aux aléas de la circulation et leur permettent de respecter des horaires réguliers.
Une rame de tramway peut transporter l’équivalent de plusieurs dizaines de voitures en passagers, parfois autour de cent soixante ou cent soixante dix personnes selon les modèles. Le métro offre des performances encore plus élevées en termes de capacité et de vitesse. La mise en place de ces réseaux représente un investissement important pour les collectivités, mais ils structurent durablement l’organisation des déplacements et contribuent à réduire l’usage de la voiture en ville.
Au delà de l’échelle de la ville, le train permet de relier rapidement les villes voisines ou plus lointaines. Les trains express régionaux relient les bassins de vie et facilitent les déplacements domicile travail, tandis que les trains à grande vitesse et les lignes internationales rendent possibles les voyages d’affaires, les visites familiales ou les départs en vacances sans voiture.
Le train se distingue par une efficacité énergétique élevée. Sur un trajet longue distance, les émissions de dioxyde de carbone par passager sont très inférieures à celles de la voiture individuelle ou de l’avion. Pour certains itinéraires, l’écart peut être considérable, ce qui fait du train un mode de transport à privilégier dès que cela est possible, notamment pour les trajets fréquents entre grandes villes.
L’autopartage propose un compromis entre possession et location de voiture. Il s’agit d’un service qui met des véhicules à disposition dans des stations réparties dans la ville. Après inscription dans un groupement d’autopartage, il suffit de réserver une voiture par téléphone ou par internet, de la récupérer dans la station choisie, de l’utiliser pendant la durée prévue puis de la ramener au même endroit.
Ce système permet de disposer d’une voiture pour une heure, une demi journée ou une journée, selon les besoins, sans supporter les coûts permanents liés à la possession d’un véhicule. L’inscription demande un droit d’entrée et une caution, puis un abonnement mensuel, et l’usage est facturé en fonction du temps d’utilisation et des kilomètres parcourus, carburant inclus. Cette solution convient bien aux personnes qui se déplacent essentiellement à pied, à vélo ou en transports en commun, mais qui ont parfois besoin d’une voiture pour un déplacement ponctuel ou un usage spécifique.
Le covoiturage consiste à partager un même véhicule entre plusieurs personnes qui effectuent un trajet commun ou similaire, par exemple pour aller au travail, à l’université ou pour un déplacement de loisirs. Le conducteur propose des places disponibles, les passagers participent aux frais de carburant et éventuellement de péage. Le résultat est simple, moins de frais pour chacun, moins de voitures en circulation et donc moins de pollution, de bruit et d’embouteillages.
De nombreux sites internet et services dédiés mettent en relation conducteurs et passagers, estiment le coût du trajet et facilitent l’organisation. Des dispositifs peuvent aussi être mis en place au sein d’une entreprise, d’une administration ou d’un campus universitaire pour encourager les salariés ou les étudiants à partager leurs trajets quotidiens. Au delà des économies, le covoiturage crée des occasions de rencontre et renforce les liens entre collègues, voisins ou étudiants.
Se déplacer sans dépendre systématiquement de la voiture repose souvent sur une combinaison intelligente de plusieurs modes. Un même trajet peut se partager entre marche, vélo, bus, tram, train et, ponctuellement, covoiturage ou autopartage. La clé consiste à identifier les portions de trajet où chaque mode est le plus performant et le plus confortable, puis à organiser les correspondances.
En choisissant la marche et le vélo pour les courtes distances, les transports collectifs pour les trajets structurants et des voitures partagées pour les besoins occasionnels, il devient possible de réduire fortement les coûts de transport, d’améliorer la qualité de l’air et de diminuer le stress lié à la circulation et au stationnement. Chaque kilomètre parcouru autrement qu’en voiture est un gain pour la santé, le climat et le confort de vie au quotidien.